TROUBLES DANS LES COLLECTIONS
Révolution-nerfs, généalogie d’une série Entretien de Joël Zouna avec Romeo Temwa Romeo Temwa et Joël Zouna n. 10 Des/ordres muséaux, des/ordres épistémiques Septembre 2026

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Cet entretien, réalisé le 11 août 2025 à Paris, est l’occasion de revenir sur la genèse et les grands thèmes de cette série de peintures.

Roméo Temwa est né en 1993 à Bafoussam dans la région de l’Ouest du Cameroun. C’est dans cette région que l’artiste originaire de la région de l’Extrême Nord du Cameroun (frontalière au Tchad, au Nigeria et la République centrafricaine) fait ses premières explorations plastiques alors qu’il n’est qu’en classes de primaire. Ces explorations sont au départ circonscrites à des reproductions au crayon sur papier de dessins animés japonais, notamment ceux de la série Dragon Ball et Dragon Ball Z1. La singularité de son exécution est très vite remarquée par ses parents qui l’encouragent et le poussent à participer à la compétition nationale d’arts plastiques organisée par la Société anonyme des Brasseries du Cameroun où il remporte le premier prix du dessin deux années consécutives. Dans un pays où les perspectives générales de l’emploi ne sont pas reluisantes après des parcours considérés comme classiques, Roméo Temwa se lance dans des études d’arts plastiques, sachant que la filière ne fait guère exception, le métier d’artiste n’étant pas communément reconnu comme un véritable métier. En 2011, son baccalauréat littéraire en poche, Roméo Temwa est admis à l’Institut des Beaux-Arts de la ville de Foumban (ville de l’Ouest du Cameroun) en filière Arts Plastiques et Histoire de l’art. Il effectue une scolarité sans encombres jusqu’à la réalisation d’un stage de fin d’étude déterminant au sein de l’atelier de l’artiste camerounais Hervé Youmbi, basé à Douala.2

Vers la fin de son parcours à l’Institut des Beaux-Arts, il fait partie d’une sélection d’artistes émergents repérés par les équipes de l’artiste camerounais Barthélémy Toguo afin de réaliser les fresques décoratives du centre d’art que ce dernier vient d’ouvrir dans sa ville natale Bandjoun, Bandjoun Station. Cette expérience constitue non seulement l’un des premiers actes de la carrière d’artiste qui s’ouvre à Roméo mais entérine la rencontre avec celui qui sera continuellement force de conseils. Ce qu’il retient de ces années est le fait qu’elles aient été un moment privilégié de collégialité au cours desquelles il fréquente de nombreux pairs. Cette collégialité est poursuivie lorsque l’historienne de l’art et artiste Ruth Afane Belinga le repère au côté d’autres brillants artistes sortants des instituts des Beaux-arts du pays dans le but de monter l’exposition collective Avis de Tsunami (2017) montrée au Salon Urbain de Douala (SUD). Il participe par la même occasion à une résidence de création animée par Simon Njami, commissaire d’exposition à la carrière internationale basé à Paris. C’est dans ce cadre que l’artiste rencontre une autre figure montante de la scène artistique camerounaise, le peintre Jean David Nkot, avec lequel s’établit une fructueuse collaboration. La centralité du travail des corps dans l’œuvre de Jean David Nkot influence les débuts plastiques de Roméo qui appréhendent d’emblée l’humain au sein des contingences socio-culturelles et (géo)politiques. Une orientation qui l’amènera en Côte d’Ivoire, au Sénégal, en Allemagne, en France, au Maroc, au Japon et en Corée du Sud.

Si ces voyages constituent une ouverture sur le monde, ils agissent avant tout comme une lunette qui permet à Roméo Temwa de regarder le Cameroun où il travaille et vit. Il observe les multiples tensions qui, dans ce pays, obscurcissent l’épanouissement de la jeunesse tout en jetant un regard lucide sur les changements structurels qu’accompagnent les progrès numériques. Des progrès qui reconfigurent transversalement les aspirations des jeunesses à travers le monde.

Ces observations sont catalysées par la rencontre avec l’​​œuvre du linguiste américain Noam Chomsky, dont les travaux, selon l’artiste, articulent et préfigurent les risques de la proximité entre pouvoir politique et appareil médiatique3. Roméo Temwa prend la mesure du rôle que l’information et ses médiums de diffusion ont joué dans de nombreuses crises qui se sont déroulées depuis les années 1990. Il réalise en outre le danger que peut constituer l’utilisation des intelligences artificielles en contexte politique sur le continent africain où les opinions sont encore peu alertes et sensibilisées sur la question.

Fig. 1. Roméo Temwa, Pour demain, 2021, acrylique et encre sur toile, 130x120cm.

C’est au croisement de ces éléments que Roméo Temwa entame en 2020 la série de peintures Revolution-nerfs, néologisme intégrant les mots « révolution » et « nerfs » (Fig.2). Cette dénomination capture la volonté de représenter un double mouvement marqué par le désir d’insurrection d’une jeunesse perçue comme passive mais avant tout par ses doutes, ses peus et ses appréhensions. Préfigurée en 2021 à l’Abidjan Art Fair, une version agrémentée de nouveaux éléments est présentée en 2024 dans le Off de la Biennale de Dakar.

Cet entretien est l’occasion de revenir sur la genèse et les grands thèmes de cette série de peintures.

Joël Zouna (ci-après JZ) : En tant qu’artiste plasticien émergent, comment décrivez-vous votre parcours jusqu’ici ?

Roméo Temwa (ci-après RT) : Bien qu’il soit semé d’embûches et surtout de beaucoup de leçons tirées et à tirer encore, mon parcours reste sur une lancée d’apprentissage. Je crois que c’est beaucoup plus facile de se considérer comme un verre vide afin d’être rempli.
Des résidences de création aux expositions, tout avance de fil en aiguille, je dirais, car il est important de noter que ce sont les contacts noués lors de mes premiers voyages qui m’ont conduit à ce qui peut être défini aujourd’hui comme une trajectoire ascendante où je pense que le meilleur reste à venir.

JZ : Votre pratique, tout du moins en peinture, est surtout mise en relief par cette technique bien particulière que vous pratiquez qui est celle dite « des transferts ». Qu’est-ce qui fait sa particularité ? Que vous permet-elle d’explorer ?

RT : De la conception à l’exécution, il y a tout un processus et je dirais que c’est une sorte de thérapie pour moi car lire, visualiser, retranscrire graphiquement ces idées générales et spécifiques qui m’animent, reste le meilleur moment de ma création.
Je choisis des journaux et magazines comme élément physique et palpable pour mieux matérialiser mes idées. Ces coupures de presse, objet d’un choix minutieux, reflètent mon état d’esprit lors de la création par leurs expressions, mots et images. Je ne les retranscris pas par les collages mais plutôt par transfert sur le support de travail. Il s’agit d’une technique qui, comme son nom le suggère, transfère sur la toile encre, images et écrits des papiers-journaux préalablement collés puis retirés manuellement par la suite.
Cette approche ne me permet pas seulement d’avoir des images, couleurs et écrits en accord avec le sujet traité, mais permet surtout de retranscrire l’univers médiatique de mon environnement de création. De plus, cela me donne la possibilité de créer une interactivité avec le spectateur car les écrits placés à l’envers ne peuvent se lire qu’avec un miroir. Miroir, comme reflet de la réalité physique mais aussi du contexte social et culturel.

JZ : Il me semble que c’est la rencontre avec l’œuvre du linguiste Noam Chomsky qui impulse une nouvelle dynamique à votre pratique… Dans quelles conditions se fait cette rencontre ?

RT : il est important de noter que la création artistique est avant tout un processus de réflexion et de structuration. En prélude de l’exécution, il me paraît adapté de s’armer d’axes de conception. Ces derniers font très souvent intervenir des séances de recherche incluant lectures, voyages, échanges et visionnages qui nourrissent l’imaginaire.
À l’ère de l’art contemporain dans sa phase conceptuelle, où l’idée prime, l’artiste s’éveille et s’instruit. C’est dans cette lancée que des ouvrages généraux et aussi la littérature spécialisée, ont et continuent de nourrir ma création. L’œuvre de Noam Chomsky s’est avérée être un support clé par son traitement détaillé des mécanismes de manipulation médiatique. Elle a éclairé ma compréhension sur les processus d’instrumentalisation de l’information par les politiques. Elle révèle aussi les situations dans lesquelles cette même information a pu être employée comme outil de manipulation, qu’il s’agisse de la presse écrite, des sources orales ou d’internet. Ces analyses ont donc naturellement rejoint ma technique des transferts dont je vous parlais précédemment.

JZ : Dès lors, pourquoi le travail de Chomsky sur les médias et la manipulation de l’information vous semble plus que jamais contemporain ?

RT : La manipulation médiatique demeure un fait universel qui prend de plus en plus d’ampleur avec la situation géopolitique ambiante. L’art m’a permis jusqu’à présent de voyager en Côte d’Ivoire, au Maroc, en France, au Rwanda et même au Japon. En contextualisant ma création, on se retrouve clairement dans l’univers social de mon pays, le Cameroun. En même temps, je m’appuie sur l’œuvre de Noam Chomsky, un linguiste américain, qui étudie des exemples qui débordent largement le contexte des États-Unis. Ceci est également visible dans la célèbre locution latine « Panem et circenses » (du pain et des jeux) qui remonte à la Rome antique et peut revêtir aujourd’hui des formes diverses. Il s’agit en fait de montrer comment chaque fois que le peuple veut se rebeller, le pain, le vin et des jeux permettent de le distraire, de le calmer et de l’éloigner des véritables problèmes. Cette pratique reste vraiment d‘actualité dans mon pays, le Cameroun, comme sous d’autres cieux.

JZ : En tant que lecteur de Chomsky, comment vous informez-vous à l’heure de l’intelligence artificielle et de la polarisation médiatique ?

RT : Noam Chomsky parle des mécanismes de manipulation de l’information en citant la désinformation, la surinformation et la réinformation. Très souvent dans nos sociétés, il y a un flux très abondant de données où se mêlent anecdotes, informations importantes et informations de propagande. Tout ceci se révèle être en réalité un processus d’égarement du lecteur. Il est important d’établir le distinguo entre ce qui se dit et ce qui est vrai à travers une vérification de l’information à la source. L’une des principales raisons de la prolifération des fakes news reste cette course à l’audimat sans impératif de vérification au préalable de la source avant publication. Le circuit de transmission de l’information n’est pas en reste, il s’est avéré après une étude collective à Douala, la capitale économique du Cameroun, qu’un titre accrocheur sans rapport avec le contenu peut être la source d’engrenages (et même de fake news), vu que le spectateur lui même ne se contente que de lire le titre sans se procurer le journal. Une fois l’idée faite, le contenu se développe dans des buvettes et lieux à haute fréquentation et, de fil en aiguille, une nouvelle biaisée sans source vérifiable se répand. Je fais très attention à tout cela. Je me donne toujours la peine de vérifier les sources et je privilégie autant que se peut des canaux d’information plus traditionnels comme la presse écrite. Ce n’est d’ailleurs pas sans raison que je l’utilise dans ma pratique artistique.

JZ : À l’origine de cette série Révolution-nerfs, on retrouve, outre les travaux de Noam Chomsky, un itinéraire qui vous a mené d’abord au Rwanda, puis en Côte d’Ivoire et enfin au Cameroun. Pouvez-vous revenir sur ce parcours géographique ?

RT : L’idée première dans cette série était de faire une investigation sur le thème de la paix en s’imprégnant des réalités d’après-guerre dans des pays en voie de reconstruction. Tout d’abord la Côte d’Ivoire à travers le projet d’exposition collective « Trait d’union » en 20204. Il s’agissait en effet pour nous, artistes, d’établir par le biais de ce projet un « trait » sur le passé tout en favorisant une « union » par le dialogue et l’unité. L ’objectif de la recherche plastique n’était pas d’indexer la guerre mais sa cause profonde. Nos recherches ont toutefois établi qu’aux racines de ces guerres se trouvait en général une incitation à la haine par la prolifération des vidéos, images et textes à caractères haineux afin d’atteindre émotionnellement la société et certains groupes de personnes en particulier. Une visite du Kigali Genocide Memorial en 2023 nous a permis d’échanger avec les rescapés du génocide de 1994 au Rwanda sur les axes de reconstruction émotionnelle à travers des projets d’émancipation participatives. Au Cameroun, des ateliers d’animation culturelle et plastique nous ont permis de réunir les enfants issus des zones de guerres (les régions du Nord Ouest et du Sud Ouest qui sont agitées depuis une dizaine d’années par un mouvement sécessionniste), à travers le projet Individual Academic and Psychosocial Assistance for Internal Displaced Children and Adolescents piloté par l’Académie Camerounaise de Formations (ACF). L’objectif était d’échanger et d’établir les moyens d’intégration sociale pour ces enfants traumatisés scolarisés ou pas et, pour certains, en âge de faire un métier. Le point commun entre ces trois pays est bien le fait que leur histoire récente est ponctuée par des affrontements entre plusieurs groupes sous fond, d’une part, de l’ethnie et, d’autre part, de la langue. Il faut aussi noter à quel point l’information telle qu’elle est transmise joue un rôle capital dans les dynamiques d’affrontements.

JZ : On comprend donc qu’au cœur de cette série Révolution-nerfs intervient également la question de la mémoire des conflits mais pourquoi placer la jeunesse au croisement de tous ces enjeux ?

RT : Comme on me le dit très souvent, la jeunesse est le fer de lance de la nation et reste la tranche sociale la plus vulnérable. Il paraît important de mentionner que lors des soulèvements, les plus actifs sont avant tout les jeunes, mais ils constituent aussi le groupe le plus affecté sur divers plans. Ceci est parfois la résultante des manquements liés à la mauvaise gouvernance. En fin de compte, le déséquilibre social touche d’abord la jeunesse.

JZ : Une première interprétation de certains tableaux de la série mettrait davantage en avant une image insurrectionnelle mais vous insistez également sur la peur que ressentent les insurgés. Pouvez-vous nous dire pourquoi vous focalisez-vous sur cette dimension ?

RT : Cette série vient mettre en lumière un fort désir de révolution à travers non seulement un travail graphique sur les masques à gaz mais surtout les postures des personnages. Ces derniers sont assimilables à des grévistes en action avec, en guise de cocktails molotov, des journaux en feu exprimant ce rejet de la « mauvaise information ». L’élément « peur » intervient ici par une forme d’appel à la protection couplée à l’anonymat propre à chaque personnage de la composition. Dans de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale, la prise de position est une entreprise parfois risquée et dangereuse. Vous avez vu au Togo la violente répression infligée par le gouvernement aux jeunes qui manifestent dans les rues5. C’est également le cas pour le Cameroun.

JZ : De combien d’éléments est constituée cette série ? Quelle description en faites-vous ?

RT : La série est l’aboutissement d’un long parcours débuté en 2020 et présenté progressivement au sein d’expositions collectives. La dernière en date est la présentation à la Biennale de Dakar en 2024. Elle est composée d’une trentaine d’œuvres aux dimensions variables articulant le lexique de la contestation, celui de la fraternité ainsi que celui de l’information. Elles sont quasiment toutes réalisées avec des couleurs vives qui entrent en contraste avec un noir très intense.
L’approche théorique de cette série est une réaction aux événements sociopolitiques qui nous animent au quotidien. On se rappelle du début des manifestations d’abord pacifiques, dans les zones anglophones (NOSO6) et ensuite de la prolifération des images, vidéos à caractère violent issues de la crise post-électoral en Côte d’Ivoire en 2011, relayées sur internet où il était question des « tueries dans les zones anglophones du Cameroun ». Cette action a engendré des foyers de tension tout en réveillant le caractère belliqueux des uns et des autres, favorisant ainsi un embrasement de la situation. Tout au long de mes recherches sur les axes de tension liées à la gouvernance en rapport avec l’utilisation de médias comme armes de dissuasion, manipulation et même domination, j’ai effectué une sorte d’étude en me rendant en Côte d’Ivoire et au Rwanda afin de comprendre véritablement la genèse de ces conflits à l’impact considérable sur la population. Le constat est clair : ces troubles internes profitent majoritairement à une certaine élite. En matérialisant de façon métaphorique sur toile ce phénomène de manipulation médiatique, nous avons subtilement exploré plastiquement les mécanismes de transmission et d’analyse de l’information par des traits, formes et couleurs. Les scènes mettent en lumière des personnages déconstruits aux visages anonymes et une gestuelle mobile tel un mouvement de sursaut aux allures révolutionnaires.

JZ : Vous vivez et travaillez au Cameroun. Comment faîtes-vous le lien avec la situation dans ce pays ? L’art est-il selon vous un moyen efficace de sensibilisation et de mobilisation de la jeunesse autour de la mémoire et des enjeux démocratiques liés à la transmission de l’information ?

RT : Il faut noter que l’univers médiatique camerounais est constamment en mouvance. Cela est dû au fait que les activités en rapport avec la politique de gouvernance et les préoccupations sociales (hôpitaux, infrastructures, scolarisation, gestion du budget pour des projets sociaux) meublent à temps plein le quotidien des camerounais·es. De ce fait, les médias par le biais de la presse, débats télévisés, etc, se servent de ce « charbon » pour faire tourner leurs locomotives. En d’autres termes, ils font parfois mine d’entreprendre des actions en faveur de l’amélioration des conditions de vie du·de la camerounais·e moyen·ne. L’art n’est pas en reste. À mon sens, il demeure une puissante manivelle de changement à large spectre. Au même titre que la prolifération des images, vidéos et textes, il peut également permettre de toucher émotionnellement ce maillon actif mais perçu comme « faible » qu’est la jeunesse. L’art marque, stimule et crée un effet de curiosité qui finit par sensibiliser et, occasionnellement, éveiller les consciences.

JZ : Quels sont selon vous les lieux les mieux à même de présenter cette série ?

RT : Ce travail a déjà été mis en lumière dans de nombreuses galeries. Pour ma part, il peut s’intégrer dans des lieux publics. En revanche, je le verrais davantage dans les bibliothèques que dans les musées.

JZ : Pour clore cet entretien, quels autres sujets abordez vous dans votre travail plastique ?

RT : La situation géopolitique a un impact sur mon travail. J’essaie ainsi de définir de nouveaux axes de recherche en rapport avec la condition sociale. Ceci soulève d’autres problématiques et questions liées à la condition humaine. Une autre de mes séries qui s’appelle Effet papillon, entamée en 2024, essaie d’aborder cette question.
Il s’agit en effet de questionner les inégalités qui ne cessent de se creuser entre une minorité qui concentre toutes les richesses et une majorité qui, elle, s’appauvrit continuellement. L’installation sonore « Les gens du ciel », réalisée également dans le cadre de la Biennale de Dakar, fait ressortir cette rupture croissante entre différentes classes sociales.

Fig. 2. Roméo Temwa, Bouquet de fleur, 2021, acrylique et encre sur toile, 130x120 cm.

Expositions

- 2017 - Exposition collective « Avis de tsunami », SUD (commissaire Dr. Belinga Afané), Douala, Cameroun
- 2019 - Exposition collective « Retour à l’Afrique », Bandjoun Station, Bandjoun, Cameroun
- 2020 - Exposition collective « Traits d’union», Abidjan, Côte d’Ivoire
- 2021 - Première exposition personnelle, “Transzendenz”, Galerie Art Libera, Berlin, Allemagne
- 2023 - Foire « Also Known As Africa » (AKAA), Carreau du Temple, Paris, France
- 2024 - Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain (à l’invitation de Barthélémy Toguo), Rabat, Maroc
- Exposition collective « Chaos 3 : du chaos naît la lumière» , OFF - Biennale de Dakar, Dakar, Sénégal.


  1. Série animée créée en 1989 par Akira Toriyama et Takao Koyama, initialement diffusée sur la chaîne japonaise Fuji TV et diffusée au Cameroun au début des années 2000. 

  2. Hervé Youmbi est un artiste et auteur camerounais reconnu dont les travaux ont été présentés au Smithsonian National Museum of African Art de Washington ainsi qu’au musée du quai Branly Jacques Chirac au sein de l’exposition Sur la route des chefferies du Cameroun (2022). Voir Emmanuelle Chérel, « Que font les masques à présent ? », Troubles dans les collections, no 3, 2022. 

  3. Voir Edward Herman et Noam Chomsky, La Fabrique du consentement : La gestion de la politique des médias de masse, Investig’Action, [1988] 2020 et Noam Chomsky, Media Control: The Spectacular achievements of propaganda, Seven Stories Press, 2011. 

  4. Entre 2010 et 2011, la Côte d’Ivoire traverse une crise post-électorale à la suite de la contestation des résultats du scrutin de second tour par le président sortant Laurent Gbagbo. 

  5. Roméo Temwa fait ici référence aux manifestations ayant eu lieu fin juin 2025 à Lomé, capitale de la république, auxquelles le gouvernement a répondu par une sévère répression. 

  6. NOSO est une abréviation renvoyant aux deux régions anglophones du Cameroun que sont les régions du Nord Ouest et du Sud Ouest.