Les insecticides, témoins silencieux dans les collections du Musée d’ethnologie de Berlin

Helene Tello

Les collections muséales du Musée d’ethnologie de Berlin entre préservation et délabrement

Musée royal d’ethnologie, Königgrätzer Strasse/Prinz-Albrecht-Strasse,
Berlin ; construit de 1880 à 1886.Collection : Musée ethnologique, collection générale
© Photo : Musée ethnologique des musées d’État de Berlin – Patrimoine culturel prussien.
Adolf Bastian (1826-1905). Collection : Musée ethnologique, collection générale
© Photo : Musée ethnologique des musées d’État de Berlin – Patrimoine culturel prussien.

Mon expérience professionnelle, de plusieurs décennies, comme restauratrice des collections ethnologiques américaines du Musée d’ethnologie de Berlini, m’a amenée à m’intéresser à l’histoire de l’utilisation des pesticides dans ce musée. Mon étude empirique, menée sur le long terme, retrace pour la première fois les pratiques et l’emploi des produits et composants chimiques de la fin du XIXe au début du XXe siècle et considère ce musée comme un cas d’étude idéal. Fondé en 1873, l’institution a ouvert ses portes en 1886 dans un bâtiment spécialement construit à Berlin-Centreii. La rapide croissance de ses collections engendra pour les employé.e.s de l’époque une course contre la montre, au cours de laquelle ils et elles ont eu recours à divers moyens pour protéger les objets en matières organiques contre l’infestation par des insectes dits nuisibles.

En 1876, après la prise de fonction d’Adolf Bastian (1826 – 1905), directeur fondateur du musée, commença une nouvelle ère de collecte. Doté d’un généreux budget d’acquisition octroyé par le prince héritier Friedrich Wilhelm II et des donateurs privés, Bastian a organisé de grands voyages de recherche et des expéditions. En son nom, des collectionneur.euse.s individuel.le.s, des aventuriers ou des commerçants, en majorité de genre masculin, ont également collecté des objets produits dans de nombreux pays non européensiii.

L’appel à fournir des artefacts pour les collections a déclenché une ruée sans précédant sur les objets culturels de groupes de population au sein des colonies allemandes et ailleurs.

Cependant, le climat tropical local a posé d’immenses défis aux collecteur.ice.s. La chaleur combinée par moment à une humidité élevée rendait difficiles la collecte, l’emballage et le transport des objets, conduisant parfois les agents à l’épuisement physique et psychologique.

Expédition de Xingu en 1887. De gauche à droite : l’ancien lieutenant Januaryio,
Peter Vogel, Karl von den Steinen, lieutenant Luis Perrot, l’interprète Antonio (nom inconnu) ;
à l’avant : Wilhelm von den Steinen, Paul Ehrenreich. Collection d’ethnologie américaine du musée ethnologique.© Photo: Musée ethnologique des musées d’État de Berlin – Patrimoine culturel prussien.
Plaines amazoniennes. Transport d’objets ethnographiques. Collection d’ethnologie américaine du musée ethnologique.© Photo : Collection ethnographique de l’Université Philipps, Marbourg, succession Koch-Grünberg.

Les objets eux-mêmes, constitués de bois, de fibres végétales, de peaux, de fourrures et de plumes, avaient été endommagés par les conditions climatiques et exposés à de nombreux insectes dans leurs pays d’origine, ce qui favorisait leur décomposition rapide. En réaction à cette situation, les collectionneur.euse.s travaillaient avec les moyens du bord : le désespoir exprimé par Wilhelm Kissenberthiv, dans une lettre adressée à Eduard Selerv, témoigne du recours à la trousse de secours personnelle des collectionneur.euse.s afin de protéger les objets contre les assauts des insectes, sans toutefois indiquer l’ampleur de telles demarches : « C’est une période horrible où tout moisi ; les boîtes regorgent de cafards, ignorant le naphtalène, le poivre et le Zacherlinvi. J’espère sincèrement que ce que j’ai rassemblé avec diligence et soin arrivera à Berlin dans un état raisonnable. La manière dont ma collection sera transportée dans le futur m’est actuellement totalement inconnuevii. »

Pendant les années fondatrices du Musée d’ethnologie, aucune séparation entre les collections exposées et les réserves n’avait été réalisée, de sorte que tous les objets étaient exposés ou librement présentés dans des armoires en fer. La « manie des collections (Sammelwut) » qui a commencé sous Bastian, engendra non seulement un accroissement rapide des collections, mais provoqua aussi une sur-occupation les locaux du musée.

Je m’intéresse ici aux conséquences de cette situation extrêmement difficile tant pour les collections et que les professionnel.le.s du musée. Ce nouvel angle permet d’aborder autrement les questions de conservation des collections ethnologiques. Les méthodologies de travail en matière de mesures de prévention et de lutte contre les insectes dans le musée apparaissent alors dans leur complexité et dans leur contexte historique.

Le Musée d’ethnologie dans son temps

Afin d’examiner les changements radicaux de la forme étatique lors de l’apparition des états nations, les théories critiques actuelles nourries par l’analyse du néocolonialisme et de la colonialité préconisent de dépasser les divisions disciplinaires. Des phénomènes caractéristiques de la modernité tels que l’efficacité, l’émergence de nouvelles disciplines scientifiques, l’expertise et bien plus encore, se sont répandus à cette périodeviii. Leur ingérence dans les structures sociales de nombreuses communautés occidentales a également eu un impact sur la Prusse et sa politique culturelleix. Cependant les plus grands bouleversements sociaux ont été provoqués par l’industrialisation puis par la Première guerre mondiale. Les processus accélérés d’urbanisation et de métropolisation ont entraîné la paupérisation d’une grande partie de la population. Les mauvaises conditions de logement et les conditions de vie souvent inadéquates ont appauvri les nouvelles classes urbaines et altéré la santé publique dans des proportions inconnuesx. Ce bouleversement concerna également la puissance militaire, affaiblie par l’infestation massive des soldats par des puces, des poux, des punaises de lit et des acariens de la gale.

Ceci explique les projets de recherche à grande échelle engagés sur les stratégies à adopter et sur les produits permettant de lutter contre les microorganismes nuisibles, les insectes et les rongeurs. Simultanément, la croissance rapide des besoins alimentaires dans les zones urbaines pauvres des agglomérations industrielles a généré la nécessité d’une agriculture efficace. Maintenir une force de travail opérante et une armée fonctionnelle était essentiel à la puissance de l’État prussien et à son industrie grandissante.

Dès lors, le gouvernement a commencé à établir des liens étroits avec l’industrie chimique. Des procédés scientifiques ont été utilisés pour produire des composants synthétiques et des substances développées dans le but de prévenir, de repousser ou tuer les insectes. Sous Guillaume II, la première Kaiser-Wilhelm-Gesellschaft zur Förderung der Wissenschaften (Société Kaiser-Wilhelm pour le Progrès des sciences) a été créé à Berlin-Dahlem, en 1911, donnant à ce quartier de villas le surnom « Deutsches Oxford » (Oxford allemand). Réunissant plusieurs institutions en son sein, l’histoire de ce qui fut appelé le Kaiser-Wilhelm Institut (Institut Kaiser Wilhelm KWI, l’actuel Fritz Haber Institut der Max Planck Gesellschaft), nous permet d’examiner l’interaction entre le gouvernement et l’industrie dans le développement, la fabrication et la distribution d’agents chimiques pour la lutte antiparasitaire. Le directeur fondateur de l’institut, Fritz Haber, a systématiquement tissé des liens étroits entre son institut et le secteur privé. Subordonné au ministère de la Guerre de Prusse, il avait initialement développé et produit des gaz, utilisés comme armes, pendant la Première guerre mondiale. A partir de 1917, il promut l’utilisation civile de certains de ces gaz pour la lutte antiparasitaire et fonda le 15 février 1917 le Technischer Ausschuss für Schädlingsbekämpfung (Comité technique de lutte antiparasitaire, TASCH)xi. Sous sa présidence, dans ce comité réunissant des autorités du Reich et de la Prusse, la Deutsche Gold- und Silber-Scheideanstalt (Société allemande d’élaboration d’or et d’argent, Degussa)xiiétait également représentée. TASCH reçut l’autorisation exclusive de l’État d’utiliser le cyanure d’hydrogènexiii et fit organiser, dans ces années, par des chimistes et des techniciens de laboratoire de la raffineriexiv, la fumigation des installations de stockage, des moulins et des casernes militaires.

Dès février 1918, Haber effectua les premières demandes d’exploitation commerciale des gaz et a initié la création d’une société à but non lucratif. La Degussa, la Badische Anilin- und Sodafabrik (l’usine d’aniline et de soude du pays de Bade), les Farbenfabriken (usines de peinture) vormals Bayer & Co., les Farbenwerke Meister, Lucius & Brüning (entreprises de peinture) et d’autres sociétés chimiques avaient toutes produit des armes à base de gaz en coopération avec le KWI pendant la Première Guerre mondiale. Le 1er avril 1919, ces entreprises ont fondé la Deutsche Gesellschaft für Schädlingsbekämpfung m.b.H. (Société allemande de lutte antiparasitaire m.b.H., Degesch). En mai 1920, la société déménagea de Berlin à Francfort-sur-le-Main et nomma Walter Heerdt comme directeur général. Heerdt a été fortement impliqué dans le développement technique du procédé « Zyklon », en particulier du « Zyklon Bxv ». Après la première guerre mondiale, l’inflation monétaire a conduit à la privatisation de Degesch, qui fut reprise par la Degussa en octobre 1922xvi. La structure de l’entreprise Degesch, composée d’I.G. Farbenindustrie Aktiengesellschaftxvii, la Degussa et Th. Goldschmidt A.G., exista jusqu’en 1945xviii.

La menace d’épidémies et leur propagation dans les logements des travailleur.e.s étaient réelles et a été prises au sérieux. Mais la Degesch était aussi activement à la recherche de nouveaux marchés, comme en témoigne sa prise de contact avec le Musée d’ethnologie de Berlin. Quatre mois après sa création en avril 1919, la société écrivit au musée depuis son siège berlinois à la Wilhelmstrasse. Dans une lettre du 5 août 1919, sans salutations et mot introductif, elle proposait un « procédé de gaz cyanure d’hydrogène pour lutter contre la vermine ». Par la suite, la lettre fait références aux résultats fructueux réalisés avec cette substance dans des appartements et des usinesxix. Les nombreuses annexes de ce courrier témoignent de la stratégie commerciale très proactive de la société Degesch pour offrir ses services. Elles comprennent des articles et des brochures publiés par la Deutsche Gesellschaft für Entomologie e.V. (Société allemande d’entomologie) dans leur revue spécialisée Zeitschrift für angewandte Entomologie (Revue d’entomologie appliquée). Des scientifiques renommés y préconisent de lutter contre la teigne des vêtements (Tineola sp.), la teigne de la farine (Ephestia Kuehnialla Zeller), la punaise de lit (Cimex lectularius) et la propagation du typhus causée par le pou des vêtements (Pediculus humanus humanus) avec du cyanure d’hydrogènexx. Toutes les publications soulignent les mauvaises conditions de vie dans les grandes métropoles. Les annexes comprennent également une liste en vingt points des « Conditions générales de fumigation des bâtiments au gaz d’acide cyanhydrique ». Deux documents supplémentaires, un « Ordre de fumigation » ainsi qu’une « Demande de fumigation au gaz d’acide cyanhydrique » inclus dans le même envoi, indiquent le caractère commercial de l’entreprise Degeschxxi.

Un exemple frappant de l’engagement de l’industrie chimique à commercialiser ses produits peut être observé dans les stratégies de marketing de l’Aktien-Gesellschaft für Anilin-Fabrikation (Société par action pour la fabrication de l’aniline, Agfa)xxii. En 1873, à son siège de Berlin-Treptow, l’entreprise a commencé à produire des colorants synthétiques à l’aniline. Cependant, la pollution atmosphérique omniprésente causée par les particules de suie des locomotives à vapeur a réduit la clarté et la brillance de ces couleurs. En conséquence, la production a été transférée à Wolfen en Saxe-Anhalt en 1907. La fabrication de peintures à l’aniline a généré des tonnes de paradichlorobenzène (1,4-dichlorobenzène)xxiii. Par hasard, les chimistes de l’entreprise ont découvert l’effet insecticide de cette substance. Le cristallin solide a été breveté en 1912 sous le nom de dichlorobenzène « Agfa ». Un an plus tard, Agfa recherchait un partenaire commercial et trouvait l’entreprise Fritz Schulz Junior A.G. à Leipzig. Cette société a intégré le produit sous le nom de « Globol » au sein de sa gamme d’agents de nettoyage et de polissage. Agfa en a garanti la vente exclusive en stipulant contractuellement qu’elle l’augmenterait régulièrement. En 1913, Fritz Schulz junior vendait 7 000 kg de « Globol » ; trois ans plus tard, la vente était passée à 45 378 kgxxiv. Entre 1913 et 1920, la société a mené de vastes campagnes publicitaires, dont le principal groupe cible était les musées dotés de vastes collections constituées principalement de matières organiquesxxv.

Dans ce contexte, et avec le recul, les musées apparaissent comme de petits établissements autonomes qui cherchaient un soutien extérieur pour lutter contre les insectes ravageurs dans les collections. Les produits commercialisés par l’industrie chimique semblaient promettre une solution viable et abordable pour se débarrasser des infestations. Un manque de « savoir-faire » et des ressources limitées au sein des musées ont parfois favorisé le succès de la publicité de l’industrie et du commerce. Au delà des offres des grandes entreprises, les inventions réalisées par des individus ou des professionnels du musée étaient également présentes. Un exemple célèbre est le pharmacien français Jean-Baptiste Bécouer (1718 – 1777) qui a inventé le savon arsenicalxxvi. Composé d’arsenic blanc, de camphre, de chaux, de carbonate de potassium et de savon de Marseille, il a été copié et distribué maintes fois sous la forme de recettes différentes après sa mort. Jusqu’au milieu du XXe siècle, le « savon de Bécouer » était un outil indispensable dans les techniques de préparation des collections européennes d’histoire naturelle et d’ethnologiexxvii.

Les expert.e.s des musées créent des réseaux nationaux et internationaux

A la fin du XIXe et au début du XXe siècle, le cercle des spécialistes des musées était très restreint, tant au niveau national qu’international. L’apprentissage de techniques était induit fréquemment par des échanges entre les musées. Les employé.e.s des grandes institutions muséales se tournaient vers les musées ayant une structure de collection similaire. Les professionnel.le.s se rencontraient lors de colloques ou consultaient la même littérature spécialisée, créant ainsi un vaste réseau dans lequel les connaissances circulaient au-delà des frontières nationales. Les conclusions tirées sur le succès ou l’échec de certaines substances et agents de lutte antiparasitaire se transmettaient ainsi. L’émergence de la conservation et de la restauration muséale comme une discipline scientifique et la professionnalisation des spécialistes des musées participèrent à ce processus. Par ailleurs, les musées ont été également soutenus par d’autres disciplines.

A la fin du XIXe siècle, Johann (Giovanni) Bolle (1850-1924)xxviii est devenu une figure clé du champ des musées d’ethnologie en Allemagne. En tant que botaniste, il a largement diffusé ses connaissances sur les systèmes de fumigation dans les musées en Allemagne et l’Europe. Lors d’un voyage d’étude à Stockholm, Axel Nilssonxxix lui a personnellement démontré le système de fumigation qu’il avait inventé pour le traitement d’insectes ravageurs. Ce système se composait d’une chambre à vide avec des pompes à vide connectées en parallèle. Lorsque la pression d’air était suffisamment réduite, du disulfure de carbone ou du tétrachlorure de carbonexxx était introduit dans la chambre, et pénétrait profondément dans les structures massives en bois.

Bolle, qui entretenait une correspondance soutenue avec diverses institutions culturelles à travers l’Europe, a contribué de manière significative à rendre accessible l’invention de Nilsson à d’autres musées, tel que le Rautenstrauch-Joest-Museum de Cologne qui disposait déjà d’une telle installation en 1910. Celui ci été suivi par le Ethnologisches Museum Hamburg (Musée d’ethnologie de Hambourg) en 1912 et le Musée d’ethnologie de Berlin en 1924.

Johann (Giovanni) Bolle (1850-1924). Directeur de la Station royale impériale de recherche agricole et chimique de Gorizia, Italie de 1891 à 1912. © Bibliothèque ERSA Luigi Chiozza
« Lusknäppen ». Système de fumigation au Musée nordique de Stockholm.
© Archives photographiques du Musée nordique de Stockholm.

Remarques concluantes

L’emploi des substances chimiques antiparasitaires dans les collections du Musée d’ethnologie de Berlin à la fin du XIXe et au début du XXe siècle se développe en lien étroit avec les conjonctures sociales et politiques de l’époque. En particulier, les structures hiérarchiques de l’Allemagne sous domination prussienne ont façonné le travail quotidien au sein du musée et ont eu une incidence sur l’utilisation des substances employées pour combattre les insectes nuisibles dans les collections. L’ordre de les utiliser était souvent donné en toute ignorance de leur composition chimique et de leurs effetsxxxi. Les musées ont fréquemment adopté des approches préconisées et des produits commercialisés par des acteurs non spécialistes des musées.

Aujourd’hui, on ne trouve souvent pas qu’une seule substance active ou un seul agent chimique dans un objet, mais tout un « cocktail de biocides ». Les dommages causés par les pesticides et leurs combinaisons incontrôlées peuvent se traduire par exemple par de l’efflorescence cristalline sur le bois ou par la cassure des fibres textiles. Mais les substances ne sont pas toujours visibles. Il est désormais bien connu que les résidus d’anciens biocides laissés dans les objets du musée sont hautement toxiques. Aujourd’hui, la législation européenne et nationale obligent les employeurs à adopter une démarche de prévention des risques professionnels afin de protéger leurs employé.e.s. La dangerosité du travail dans ces collections causée par des objets contaminés, impose un contrôle permanent et demande d’adopter des règles de sécurité spécifiques. Les activités scientifiques et la recherche en conservation ainsi que l’exposition et le prêt sont considérablement impactés et les possibilités de manipulation des objets sont souvent limitées.

Ma recherche sur l’histoire de la conservation de la collection au Musée ethnologique de Berlin porte sur une période de 150 ans. Elle m’a incité à m’intéresser à un contexte élargi et à consulter des travaux empiriques et théoriques prenant en compte 40 musées dans onze pays. Une première enquête sur leur utilisation de substances antiparasitaires dévoile, qu’à part quelques exceptions, des substances chimiques similaires, sinon identiques, ont été trouvées dans tous les muséesxxxii.

NOTES

i Depuis 2001 le musée porte le nom Ethnologisches Museum der Staatlichen Museen zu Berlin (Musée d’ethnologie des musées nationaux de Berlin). Jusqu’à la Première guerre mondiale, il s’appelait Königliches Museum für Völkerkunde zu Berlin (Musée royal d’ethnologie de Berlin), et après la guerre, Staatliches Museum für Völkerkunde (Musée national d’ethnologie). Dans ce texte il sera nommé Musée d’ethnologie de Berlin.

ii Richard Haas, « Brasilien an der Spree. Zweihundert Jahre ethnographische Sammlungen in Berlin », In: Deutsche am Amazonas. Forscher oder Abenteurer? Expeditionen in Brasilien 1800 – 1914 ; Ethnologisches Museum Berlin, Münster: LIT, 2002, p. 17.

iii Anita Hermannstädter, « Symbole kollektiven Denkens. Adolf Bastians Theorie der Dinge », dans : Deutsche am Amazonas, op. cit., 2002, pp. 47-48.

iv Docteur en littérature, Wilhelm Kissenberth (1878-1944) devient bénévole au Musée royal d’ethnologie de Berlin en 1907. De 1922 à 1924, il a été employé au département de l’histoire de l’évolution de ce musée.

v Eduard Seler (1849-1922) était chef du département américain du Musée royal/Musée national d’ethnologie de Berlin de 1903 à 1921.

vi Zacherlin était surnommé la poudre d’insecte pyrèthre et a été nommé d’après son inventeur et producteur Johann Zacherl, qui a produit et vendu cette poudre insecticide à Vienne. Il contenait des extraits d’espèces de fleurs sauvages Tanacetum coccineum (fleur d’insecte perse) et Tanacetum cinerariifolium (fleur d’insecte dalmate), qui contiennent les substances insecticides actives pyréthrine I et II, jasmoline I et II et cinerine I et II. Kristian Sotriffer, Die Blüte der Chrysantheme. Die Zacherl – Stationen einer anderen Wiener Bürgerfamilie, Wien : Böhlau, 1996, pp. 13 – 31 ; Eva Offenthaler, « Zacherlin wirkt staunenswert! » – Johann Zacherl und sein Pulver », dans : Österreichisches Biographisches Lexikon, 2013, http://www.oeaw.ac.at/inz/forschungen/oesterreichisches-biographisches-lexikon/ ; Achim Unger ; Arno P.; Wibke Unger (eds.), Conservation of Wood Artifacts. A Handbook, Berlin : Springer, 2001, http://www.loc.gov/catdir/enhancements/fy0815/2001020310-d.html, pp. 246 – 248.

vii Michael Kraus, Bildungsbürger im Urwald. Die deutsche ethnologische Amazonienforschung (1884 – 1929), Marburg/Lahn: Curupira, 2004, pp. 171 – 172.

viii Isabella Löhr et Roland Wenzlhuemer, The Nation State and Beyond. Governing Globalization Processes in the Nineteenth and Early Twentieth Centuries, Berlin, Heidelberg : Springer 2013, http://dx.doi.org/10.1007/978-3-642-32934-0.

ix Wolfgang Neugebauer et Bärbel Holtz (eds.). Kulturstaat und Bürgergesellschaft. Preußen, Deutschland und Europa im 19. und frühen 20. Jahrhundert, Berlin : Akademie-Verlag, 2010, pp. 5 – 9 ; 43 – 47.

x Johann Friedrich Geist et Klaus Kürvers, Das Berliner Mietshaus. München: Prestel, 1989 ; Walter Kieß, Urbanismus im Industriezeitalter. Von der klassizistischen Stadt zur Garden City. Berlin : Ernst 1991 ; Przemyslaw Paul Zalewski, « Altstadtsanierungen in Deutschland und in Europa bis zum Zweiten Weltkrieg. Eine Erinnerung an Motive und Methoden ». In: Journal of Comparative Cultural Studies in Architecture, 2007, (1), pp. 28 – 36.

xi Angelika Ebbinghaus, « Der Prozeß gegen Tesch & Stabenow. Von der Schädlingsbekämpfung zum Holocaust », In: Zeitschrift für Sozialgeschichte des 20. und 21. Jahrhunderts, 1998, 13 (2), p. 39.

xii « Société allemande d’élaboration d’or et d’argent », abrégé dès 1928 sous le nom de Degussa, aujourd’hui un groupe chimique basé à Essen.

xiii Le cyanure d’hydrogène est de l’acide cyanhydrique gazeux.

xiv Ebbinghaus, 1998, p. 40.

xv « Zyklon B » est de l’acide cyanhydrique liquide (cyanure d’hydrogène) qui est versé dans des boîtes de conserve et absorbé par le kieselguhr. Des stabilisants et des irritants (composés organiques halogénés) sont également ajoutés. Le cyanure d’hydrogène s’évapore à l’ouverture des boites. L’acide cyanhydrique est extrêmement toxique, 1 mg / kg de masse corporelle est mortel. Le « Zyklon B » a été utilisé par les nationaux-socialistes dans les chambres à gaz des camps d’extermination. Pour le procédé « Zyklon », de l’acide sulfurique dilué est versé dans une cuve. Du cyanure de sodium est ajouté, produisant du cyanure d’hydrogène. Le processus d’évaporation est ici beaucoup plus incontrôlé qu’avec « Zykon B » et est donc plus dangereux dans l’utilisation.

xvi Ibid. p. 41.

xvii L’abréviation IG Farben désigne la société allemande fondée le 1er janvier 1925 sous le nom de IG-Farbenindustrie AG. Une « petite IG », par opposition à l’IG de 1925, a été fondée en 1905 par rapprochement concerté des sociétés chimiques BASF, Bayer et Agfa.

xviii Ibid. pp. 44-45.

xix Archive du Musée d’ethnologie, Staatliche Museen Berlin-Preußischer Kulturbesitz. I/MV 0075, Pars II c, Vol. 1. E. Nr. 800/19. Walter Heerdt, Lettre publicitaire de la Société allemande de lutte antiparasitaire m.b.H. pour la lutte contre les mites, 08/05/1919, avec annexes. Lettre, 1 page, sans pagination ; Conditions générales, 5 pages, sans pagination ; Formulaire de demande de fumigation, 1 page, sans pagination ; Bon de commande pour fumigation, 1 page, sans pagination.

xx Ad. Andres, « Bekämpfung der Kleidermotte (Tineola biselliella) durch Blausäure », In: Zeitschrift für angewandte Entomologie, no. 4 (3), pp. 1 – 3 ; Albrecht Hase, « Der Verbreiter des Fleckfiebers. Die Kleiderlaus », In: Merkblatt der Deutschen Gesellschaft für angewandte Entomologie e.V., 1916, No. 1 (Serie I), pp. 1 – 8.; Hans Walter Frickhinger, « Blausäure im Kampf gegen die Mehlmotte (Ephestia Kuehniella Zeller) », In: Zeitschrift für angewandte Entomologie, 1918, pp. 129 – 140.; Albrecht Hase, « Die Bettwanze und ihre Bekämpfung », In: Merkblatt der Deutschen Gesellschaft für angewandte Entomologie e.V., 1917, No. 4 (Serie I), pp. 1 – 8.

xxi Archive du Musée d’ethnologie de Berlin, Staatliche Museen Berlin-Preußischer Kulturbesitz. I/MV 0075, Pars II c, Vol. 1. E. Nr. 800/19. Walther Heerdt, Formulaire de demande de fumigation et bon de commande de fumigation pour la lutte contre les mites, 05. 08. 1919.

xxii La Aktiengesellschaft für Anilin-Fabrikation (Société anonyme pour la fabrication d’aniline) était l’une des plus grandes usines de peinture de l’époque. Le nom de marque AGFA a été enregistré le 15 avril 1897 pour « préparations chimiques à des fins photographiques ». (Voir : Rainer Karlsch ; Paul Werner Wagner, L’histoire AGFA-ORWO. Histoire de l’usine de films Wolfen et de ses successeurs, Berlin: VBB, 2010.

xxiii Le paradichlorobenzène ou le p-dichlorobenzène est appelé selon la nomenclature chimique applicable 1,4-dichlorobenzène. Il est un sous-produit de la production de monochlorobenzène, qui est un produit intermédiaire dans la production de peintures.

xxiv Archive du Musée de l’industrie et du cinéma de Wolfen, sans auteur. Rapport annuel de 1912 – 1918, Société anonyme de la production d’aniline, 12 pages.

xxv Archive du musée d’ethnologie, Staatliche Museen Berlin-Preußischer Kulturbesitz. I/MV 0075, Pars II c, Vol. 1. E. Nr. 570/19. Lettre publicitaire no. 212 de Fritz Schulz jun. du 11. 04. 1919.

xxvi Kees Rookmaaker, P.A. Morris, Ian Glenn, et.al., « The ornithological cabinet of Jean-Baptiste Bécouer and the secret of the arsenical soap », in: Archives of Natural History, 2006, no. 33 (1), pp. 146 – 158.

xxvii Ibid., p. 154.

xxviii Johann (Giovanni) Bolle a été directeur de la Station royale impériale de recherche agricole et chimique de Gorizia, en Italie, de 1891 à 1912.

xxix Axel Nilsson était historien de l’art et a travaillé comme conservateur au Nordic Museum de Stockholm de 1904 à 1912.

xxx Le disulfure de carbone a la formule chimique CS2. C’est un liquide incolore, inflammable et toxique qui, en qualité technique, a une odeur désagréable voir dégoûtante. Ses vapeurs forment des mélanges hautement explosifs avec l’air. Dans le passé, il était utilisé pour tuer les rats et les campagnols ainsi que dans la viticulture pour lutter contre le phylloxéra et il a été interdit en 1997 en raison de sa toxicité. Dans l’industrie chimique, il est toujours très utilisé pour la production de fibres synthétiques à partir de cellulose (dite viscose). En ce qui concerne l’entretien des collections muséales, il a été d’une importance considérable dans le domaine de la science de la conservation de la fin du 19e à la première moitié du 20e siècle pour lutter contre les insectes dits nuisibles. En raison de sa capacité à dissoudre les graisses, le disulfure de carbone est absorbé par les poumons et la peau. Les conséquences sont une intoxication aiguë et chronique. Le tétrachlorure de carbone de formule CCL4 est un liquide incolore, odorant et ininflammable qui peut être mélangé avec de l’éthanol, de l’éther ou de l’essence. C’est un solvant pour les graisses, les cires et les huiles qui était auparavant utilisé pour les extincteurs et pour le nettoyage à sec des textiles du début au milieu du 20e siècle. En tant qu’agent extincteur, il est devenu problématique en raison de sa toxicité. Le tétrachlorure de carbone endommage également la couche d’ozone, ce qui signifie que cet ingrédient actif ne peut être utilisé que de manière limitée et n’est autorisé qu’à des fins de recherche. Un contact à long terme avec ses vapeurs narcotiques provoque des dommages au foie et aux reins, même à de faibles concentrations. Le tétrachlorure de carbone est reconnu comme étant cancérigène.

xxxi Archive du Musée d’ethnologie, Staatliche Museen Berlin-Preußischer Kulturbesitz. I/MV 730, Vol. 30, Pars I. B., E. Nr. 578/04. Luschan von, Felix, notice du 14. 06. 1904, feuille 224.

xxxii Helene Tello, Schädlingsbekämpfung in Museen am Ende des 19. und Anfang des 20. Jahrhunderts – Modifizierung industrieller und Entwicklung museumseigener Methoden sowie Verbreitung und Einsatz der einzelnen Wirkstoffe, dargestellt am Beispiel des Ethnologischen Museums Berlin. Thèse de doctorat non publiée. Soumise à la Kulturwissenschaftlichen Fakultät Europa- Universität Viadrina, Frankfurt (Oder), le 06 avril 2020, pp. 177 – 200.

Helene Tello, restauratrice diplômée a commencé sa carrière professionnelle comme restauratrice de meubles et d’objets en bois en 1980 et a dirigé son propre atelier de restauration pendant dix ans à partir de 1984. Par la suite, en tant que cheffe d’atelier adjointe, elle a été responsable de la collection du Vonderau-Museum de Fulda (1994-1997) et des collections indiennes du Ethnologisches Museum der Staatlichen Museen zu Berlin (1998-2020). C’est alors qu’elle a rencontré le sujet des résidus de biocides utilisés par le passé sur les objets. Dans son mémoire de diplôme (2006), elle s’est intéressée aux possibilités d’extraction de matériaux ethnographiques contaminés par des biocides à l’aide de dioxyde de carbone supercritique. Le thème de la contamination et de la décontamination des objets de collection contaminés par des biocides l’a conduite à de nombreuses activités d’enseignement et de conférences en Allemagne et à l’étranger. En tant que coordinatrice de projet pour le développement d’un curriculum sur la contamination et la décontamination des biens culturels, Helene Tello a été responsable de 2013 à 2014 du projet PME et sciences en dialogue : Décontamination des biens culturels à la Europa Universität Viadrina. En 2020, elle a soutenu son doctorat sur La lutte contre les parasites dans les musées à la fin du 19e et au début du 20e siècle – modification des méthodes industrielles et développement de méthodes propres aux musées ainsi que diffusion et utilisation d’agents individuels, illustrés par l’exemple du Ethnologisches Museum zu Berlin à Europa Universität Viadrina.